lundi 4 juin 2012

"Le Lion" de Joseph Kessel


Avec Le Lion, Kessel nous emmène explorer les étendues sauvages du Kenya et nous fait partir à la rencontre de la faune d'Afrique Orientale encore préservée et la culture des Masaï.
C'est l'histoire de l'amitié folle entre un lion, King, et une enfant, Patricia, racontée par le narrateur qui en est le témoin privilégié.
Au fil des pages, ce narrateur dont on ne connaît pas l'identité, se fait le représentant du lecteur dans le récit. Ce que le lecteur ressent, le narrateur le transcrit.
Ce récit, par ses descriptions, plonge le lecteur dans une ambiance magique, nous apprend à voir la nature et non pas seulement à la regarder. Et c'est parce que nos yeux s'ouvrent enfin qu'on est pris par cette magie, par la beauté des paysages d'Afrique, par l'appel de cet univers si mystérieux pour nous.
L'amitié exceptionnelle qui lie le lion King et Patricia éveillera sans aucun doute de vieux rêves d'enfance enfuis depuis longtemps car qui n'a jamais rêvé de vivre en symbiose avec un fauve ou tout autre animal sauvage ?

« Mais s'il avait croisé, ne fût-ce qu'une fois, dans les grandes plaines arides et dans la brousse ardente quelques Masaï, il ne pouvs les oublier. Il y avait cette démarche princière, paresseuse et cependant ailée, cette façon superbe de porter la tête et la lance et le morceau d'étoffe qui, jeté sur une épaule, drapait et dénudait le corps à la fois. Il y avait cette beauté mystérieuse des hommes noirs venus du Nil en des temps et par des chemins inconnus. »

« King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée.»
« Ensuite, même ces plaintes rauques se turent. Les lionnes s'étaient résignées. Le silence écrasant de midi régna d'un seul coup sur la savane. »

« Une toute petite patte veloutée souleva une de mes paupières. Je trouvai assis au bord de mon oreiller, un singe qui avait la taille d'une noix de coco et portait un loup de satin noir sur le museau. »

« Mais l'aurore surgit d'un seul coup, prompte et glorieuse. La neige du Kilimandjaro devient un doux baiser. La brume se déchira en écharpe de fées, en poudre de diamant. L'eau étincela au fond de l'herbe. Les bêtes commencèrent à composer leur tapisserie vivante au pied de la grande montagne. »

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